Musique
DE L'EMOTION...
Sa musique n'est pas appréciée de ceux qui recherchent d'abord une musique avant-gardiste expérimentale ou encore new-age. Elle suscite, cependant, l'admiration d'un public assez vaste, amateur très sensible de belles sonorités et mélodies.
La musique de Bertrand Loreau est parfois comparée à celle de Vangelis, de Joël Fagerman, Enya, Mike Oldfield et d'autres encore. Elle parle de sentiments intimes, d'émotions qui viennent de l'intérieur - comme dans "Tchau Téo" , "Cançao para Tidinha" ou encore "A son is Born" de l'album "Passé composé" .
SANS MOT ; SEULEMENT DE LA MUSIQUE
Difficile pour lui d'en parler puisque justement sa musique est son moyen d'expression ; "mettre ce qu'on ne peut pas dire avec des mots", nous dit Bertrand.
Souvent, face aux remarques des autres, il fait comprendre qu'expliquer (sa musique) a quelque chose d'incongru.
Bertrand nous dit :
“c'est une question de niveau de sincérité avec lequel on fait les choses. C'est pourquoi je me méfie des artistes qui parlent beaucoup ; reste-t-il quelque chose dans leur musique ? Ils ont déjà tout dit. Dire, c'est aussi guider, voire imposer, c'est quasiment un manque de respect pour l'auditeur. Je fais des choses qui sont le reflet de mon âme, à un instant donné, et il y a des gens qui voudraient contrôler cela ! Je perçois cela comme un manque de respect vis à vis de ce que je suis profondément. Toutefois, pour expliquer : il m'est arrivé de faire des morceaux en pleurant. Je me souviendrai toute ma vie que lorsque j'ai réalisé le morceau "La chaise vide" de l'album "Sur le Chemin..." - pratiquement comme une improvisation - parce que je n'avais pas à réfléchir, les choses se faisaient automatiquement, dans une spontanéité absolue - j'étais gêné par les larmes qui coulaient sur le clavier et la souris de l'ordinateur. Alors "expliquer", lorsque les choses ne doivent être perçues que comme de l'émotion, c'est difficile, parce que je ne crois pas qu'on puisse expliquer aux gens comment ils peuvent ressentir une émotion. La seule chose sur laquelle j'insiste toujours c'est : "écoutez vraiment ce que je fais, sérieusement, concentré, parce que je prétends faire des choses qui se situent dans le domaine de la subtilité.”
LE MOT DU PSYCHOTHERAPEUTE
Dominique Roux (auteur du livre "Klaus Schulze, un saut dans l'inconnu...") dit :
"Bertrand Loreau n'est pas un compositeur de musique de relaxation. Ses compositions ne s'inscrivent pas dans ce projet mais elles exhalent une atmosphère éminemment apaisante.
Au cours de sa discographie, Bertrand a parsemé ses albums de petites pièces musicales pleines d'une suave sérénité communicative .../... elles se différencient des habituelles musiques lénifiantes dites de relaxation par leurs qualités mélodiques et harmoniques, les messages de tendresse et de douceur qui sont la signature de ce créateur. Elles provoquent chez l'auditeur un sentiment de quiétude et de sérénité, conditions sine qua non à la mise en place de l'état de relaxation".
ET TECHNIQUEMENT ?
Au cours de ces 20 dernières années, Bertrand a utilisé de très nombreux synthétiseurs, séquenceurs, ordinateurs, tables de mixage et effets.
Au début des années 80, il fit un usage intensif du synthétiseur Korg MS20 associé au séquenceur analogique SQ10. En 1983, sur le conseil de Jean-Christophe Allier, le légendaire Polymoog devint son instrument préféré pour plusieurs années ; reflet caractéristique, à l'époque, de son intérêt pour Klaus Schulze. En 1985, le DX7 - avec sa technologie de synthèse FM - va donner matière à sa passion pour la recherche sonore. Bertrand créera des sons très personnels sur l'instrument révolutionnaire, parfaitement adapté à l'orientation plus mélodique que prenait alors, sa musique.
L'informatique musicale accompagna Bertrand, d'abord avec le CX5M de Yamaha, au milieu des années 80 -premier ordinateur grand public dédié à la musique- puis avec l'Atari 1040 STF -ordinateur fabriqué en série avec ses ports MIDI sur la carte mère-.
Les années 90 furent caractérisées par l'arrivée des échantillonneurs : le Roland S550 fut suivi de l'Akai S3000XL.
Pas vraiment intéressé par les logiciels de montage de boucles qui se répandent sur le marché, Bertrand développe très librement, et de plus en plus, une musique de l'essentiel où prime la spontanéité et la mélodie.
Après la sortie de son nouvel album "D'une rive à l'autre", Bertrand s'orientera vers l'utilisation de synthétiseurs virtuels. Les minimoog et autres synthétiseurs logiciels lui permettront, tout en accédant à de nouvelles possibilités, de retrouver les sonorités, autant analogiques que numériques, qu'il a utilisées par le passé.