Promenade nocturne

Souvenir rêvé d’une promenade nocturne (CDr et DVDr)

Promenade Nocturne

Titres du CD

1 – Saint Pierre (120’99)
2 – Jardin des plantes (5’35)
3 – Gournerie (2’45) 1’35s/1,4Mo
4 – Nantes Atlantiques(2’05)
5 – Ile de Versailles(1’30)
6 – Grand Blottereau (5’40) 1’25s/1,3Mo
7 – Procé (4’10)
8 – Sainte Anne (4’10)
9 – Prairie aux Ducs (2’00) 1’47s/1,6Mo
10 – Quai des Antilles (6’00)
11 – Beaulieu (3’25)
12 – Jonelière (3’45)
13 – Beaujoire (6’25)
14 – Gare Sud (1’40) 3’35s/3,3Mo

Extrait

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A propos de l’album

Par Bertrand Loreau

« Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la musique électronique et aux synthétiseurs, alors que j’étais encore un adolescent, j’ai écouté quelques œuvres de compositeurs contemporains que je n’ai pas su apprécier.
C’est la découverte des œuvres de Marc-Henri Arfeux qui m’a permis de découvrir qu’aujourd’hui je peux être sensible à des formes de recherches sonores et musicales qui ne me semblaient être autrefois que des concepts froids et abstraits. Cet intérêt pour la musique d’avant-garde est sans doute lié aussi à une certaine lassitude que je ressens parfois à l’écoute de musiques électroniques qui trop souvent reprennent les mêmes schémas de construction.

Ainsi le projet Promenade Nocturne est né de mon envie de m’essayer à un genre auquel je ne m’étais jamais confronté jusque-là. J’ai eu très rapidement ’envie de n’utiliser qu’un seul instrument : le synthétiseur à modélisation analogique JP 8000 Roland et je me suis donné un cadre : ne pas utiliser de sequencer midi. Ainsi je me suis contraint à produire les arpèges et les sons uniquement sur cet instrument qui ne contient aucun son acoustique. Le défi de produire quelque chose se rapprochant d’une certaine forme de musique concrète à partir de formes d’ondes électroniques simples me semblait plus intéressant que d’aller chercher des effets sonores dans des banques faites par d’autres. Je pensais d’autre part que l’imitation d’un son acoustique par un procédé électronique aurait probablement davantage de force de suggestion ou d’interrogation.
J’ai commencé le projet sans direction précise mais j’ai rapidement été surpris par la richesse et la précision des sons que je pouvais faire naître du synthétiseur. C’est seulement après avoir enregistré deux titres qu’une association entre des lieux que je fréquente souvent et les titres des morceaux s’est imposée à moi.
Bien que m’imposant un cadre de travail précis, je souhaitais faire ressortir d’une manière ou d’une autre des éléments de mon style plus classique. Ainsi des passages plus mélodiques et des arpèges font que l’on peut reconnaître que c’est bien moi qui joue. A travers ces réminiscences de ma façon de faire habituelle, il me semblait intéressant de mettre en évidence qu’il est possible de faire se rencontrer, dans une même œuvre, des sensibilités qu’on oppose parfois de façon trop radicale. »

Ils en parlent…

J’ai écouté très attentivement les sept premiers index de cette promenade nocturne et je suis enthousiasmé ! Beauté subtile et toute intérieure de ce parcours énigmatique et sensible où un Bertrand Loreau inédit suit le chemin d’une fabuleuse inspiration, dans les paysages sonores délicats, intenses et d’une haute poésie qui nous conduisent de lieu en lieu en ce Nantes nocturne digne de la grande tradition de ses arpenteurs secrets. Le plus extraordinaire est que si tu t’aventures en des territoires musicaux inédits en grande partie dans ton œuvre, tu y diffuses également ta personnalité en profondeur. Je retrouve l’émotion et je découvre aussi un sens du mystère attentif qui sait épouser avec tact les énigmes qu’il explore. C’est très beau, très pur et véritablement d’une grande poésie musicale. Les premiers index mesurent des espaces insolites sans jamais céder aux facilités théâtrales. Tout est retenu, suggéré, par échos, vibrations, appels de certains sons discrets et insistants, presque incognito. A partir des index 6 et 7 apparaissent des thèmes harmoniques dont le chromatisme suit la même inspiration : le lyrisme ne se déploie jamais dans un chant mais demeure coulée lente d’une luminosité légèrement tremblante comme une brume lunaire sur des pavés ou l’asphalte d’une rue vide pour retourner se fondre avec les lointains nocturnes.
L’ensemble, servi par son titre, le choix des lieux, les splendides photos de Lionel Palierne est une grande réussite.
Rangeant le disque dans son coffret, on croit tenir un livre rare dont les formulations seraient d’aventure sonore en un langage de confidence qui révèle l’existence de son secret sans jamais dire entièrement celui-ci. Je vais écouter la suite demain avec grande joie. Avec toute mon amitié, Marc-Henri Bertrand,
Le lendemain… Je trouve confirmation de mon impression première à la réécoute des premières pièces, impression qui s’augmente évidemment des sept suivantes dont j’apprécie tout autant la beauté et l’inspiration. J’aime que tu t’aventures et nous invites à ta suite dans ces territoires nocturnes marqués par l’insolite, un insolite qui ne fait jamais l’erreur de l’onirisme mais demeure à son niveau de trouble et de suggestion presque chuchotée, avec ses lueurs, ses scintillements, ses échos. L’index 10 est à cet égard très remarquable de cette veine et à bien écouter l’ensemble du disque, on sent combien tu as aussi exprimé la dimension portuaire de Nantes, avec des sons qui évoquent des cliquetis de chaînes rouillées, des vibrations de carcasses de navires, et bien d’autres sonorités étranges et fantomatiques. Plus loin il y a cet étrange palais ornithologique dont les pensionnaires ne révèlent leurs jeux secrets qu’aux heures où seule la clarté lunaire glisse entre les feuillages de leur royaume intérieur. Et à l’extrémité de cet itinéraire, la merveilleuse gare du sud qui nous invite même à un petit voyage dans le voyage à bord d’un train quelque peu dreamien.
C’est un ensemble de grande tenue, subtil, inventif, énigmatique et porteur d’une mélancolie rêveuse qui séduit l’auditeur, et lui donne l’irrésistible désir de s’aventurer à son tour dans les replis d’une ville de trois heures du matin, parmi les ombres, les silences et les reflets, en réponse à l’invitation multiple des mystères.
Marc-Henri Arfeux – Fr

Cet album est absolument magnifique, cette nouvelle orientation musicale est stupéfiante, j’ai le sentiment que le compositeur nantais s’autorise une liberté d’expression beaucoup plus large qu’auparavant. J’ai été agréablement surpris par le fait que son style est plus proche que je ne l’aurais imaginé du Bertrand Loreau « traditionnel », je veux dire par là qu’il est resté fidèle à son style profond et personnel tout en s’ouvrant à de nouvelles destinations sonores, et ce, sans l’empreinte râpeuse que peuvent avoir certaines compositions avant-gardistes. L’entrée de Bertrand Loreau sur le marché des musiques plus expérimentales que mélodiques pourrait être une sorte de lien entre les deux rives de ces univers musicaux. En effet, les nappes et les séquences veloutées disséminées dans l’album me rappellent certains des meilleurs passages des musiques planantes allemandes d’autrefois, tout en s’intégrant parfaitement au fil de l’album qui se veut une entrée douce dans le monde des musiques exploratrices. Le réveil-matin final de l’album m’a fait sortir violemment de la vaporeuse torpeur dans laquelle je m’étais délicatement laissé envelopper tout au long de cet album. Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce disque, je peux vous dire qu’il va tourner un moment sur ma platine laser avant que je n’en change. Bravo et merci Bertrand pour ce « coup de maître »  !
Yann Coulange – Fr